Poèmes élégiaques, 1907· Le jardin des rêves
Villanelle
Deux soleils sont tes prunelles.Pour accoîter mon émoi.Je chante des villanelles.
Muguets, lis et ravenellesOnt moins de fraîcheur que toi.Deux soleils sont tes prunelles.
Chaque rose porte en elleDes parfums dignes d’un roi :Je chante des villanelles.
Viens ! Phœbé, par les venelles,Traîne son manteau d’orfroi.Deux soleils sont tes prunelles.
Papillons et coccinellesHantent l’ombre où tu me voisJe chante des villanelles.
Viens ! Les noces éternellesD*Avril t’attestent ma foi :Deux soleils sont tes prunelles.Je chante des villanelles.
19 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources