Pauca Paucis, 1894· Première série· Parvuli
VI. A Mirza
MIRZA, toute d’amour et toute d’égoïsme,Vous savez réunir faiblesse et despotisme.Si vous voyez un jour votre maîtresse en pleur,Tendre, vous la baisez pour charmer sa douleur,Et si vous m’entendez seulement d’une lieue,Vous bondissez, joyeuse, en agitant la queue ;Et candide et sans art en vos soins empressés,Tout ce que votre queue a dit, vous le pensez !Mais on a ses défauts et vous avez les vôtres :Douce pour la maison, hargneuse pour les autres,Jalouse ; et vous grondez, si l’on donne à l’intrusL’os à demi rongé dont vous ne voulez plus.Et je dis, en voyant combien vous êtes femme,Quel est le sot, Mirza, qui ne vous croit pas d’âme ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources