Pauca Paucis, 1894· Première série· Mors
II. « A MON heure dernière épargnez-moi les plaintes »
A MON heure dernière épargnez-moi les plaintes,Le chœur des médecins autour de mon chevet,Les baumes et les sucs, les espérances feintes…Laissez faire les dieux : ce qu’ils font est bien fait.
L’oiseau cher à Kypris, le flanc percé d’un trait,Et sentant de la Ker la trop certaine atteinte,Cherche dans le bocage un asile secret,Pour voiler l’agonie à la Lumière sainte.
L’homme honorant les dieux et l’auguste Pudeur,Pour des actes moins bas et de moins de hideur,Fuit les regards : mourons d’une mort dérobée.
Penses-tu que pour nous les cieux vont s’embrunir ?Semblable au lac profond où la pierre est tombée,La Nuit va se fermer sur notre souvenir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources