Pauca Paucis, 1894· Première série· Mors
XI. A Tristis
Après la lecture de son sonnet : Il est tard.
AMI, pourquoi ce trouble à l’aspect du tombeau ?Mortels, pour un instant, nous nous prêtons la vie.Tels, dans les jeux sacrés, sans regret, sans envie,Les éphèbes dansants se passaient le flambeau.
Le décret qui sur tous fait passer les niveauxPour nul n’est partial. Vieillesses engourdies,Laissez l’air et l’espace à des êtres nouveaux !Maître juste, salut, quand tu me congédies !
Ce que firent les dieux doit être. De la mortNous passâmes au jour sans peur et sans effort ;Sans effort et sans peur retraversons le fleuve.
Fermons nos yeux sans plainte à l’horizon vermeil,Remerciant Celui qui dispense l’épreuve,Car il ne nous doit rien… pas même le réveil !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources