Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Vetera
XI. Evanida
A George Doncieux
1
O TOIT chétif, au flanc rocheux du cap de CymeQue fleurit de son bleu la pâle arroche-halymeO longues nuits d’hiver où l’harmonieux flot,De son pas cadencé faisait gémir la grève !Et vous, corps odorant de la jeune Milo,Dont le tiède parfum enivrait jusqu’au rêve !
2
Dans la magnificence et la pourpre royale,Hélios atteignait sa couche nuptiale.Et l’immense brasier, rayonnant de la mer,Se mourait au zénith dans l’opale et le vert.Parmi les rochers d’or et les senteurs marines,Milo dans la splendeur passait, lente et divine.
3
Flots bleus sur qui glissaient des frémissements vagues ;Flots verts qui bondissiez tumultueux et lourds ;Alcyons qui dansiez à la crête des vagues,Dites ces jours si doux en leur rapide cours,Et les si douces nuits, plus douces que les jours.
4
Si la rose est mourante, il reviendra des roses.Au sein de la Nature immense, toute choseSe flétrit pour renaître à ton regard charmé.Seul le mortel chétif n’a pas deux mois de mai.
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources