Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Vetera
X. Doris
DE sa gaine taillée en un figuier rustique,Le dieu cornu sourit dans un regard oblique.Au milieu de l’enclos sacré, le froid ruisseauMurmure avec langueur sa lente mélodie ;Et la source limpide en sa coupe arrondieReflète le rocher tout humide. Un berceau,Qu’une vigne a chargé de sa fleur odorante,L’entoure. Sur le sable, et la rose et l’acantheEt le myrte ont tracé d’harmonieux contours.Les fauves rossignols célèbrent leurs amours.Pourtant tout serait vain et toute voix muetteSi Doris d’Ægium, et mignonne et fluette,Si la tendre Doris n’y venait tous les jours,Et, pâle comme un lys, ne restait sous l’yeuse,La paupière alourdie et la tempe songeuse :Et dans l’ombre du soir, propice au cœur discret,Cherchant je ne sais quoi de doux, ne soupirait.
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources