Pauca Paucis, 1894· Première série· Parvuli
III. La fauvette
D’AUTRES loûront Éphèse et Rhodes et Pallène,Les Dioscures saints et la divine Hélène,Les superbes héros et les rois querelleurs.Je dirai la fauvette et candide et touchante,Et ses amours plaintifs et ses jeunes douleurs ;Et comment je la suis, lorsqu’elle saute et chante,Errant de fleur en fleur sur les rosiers touffus.En moi-même attendri, des présages confusMe viennent assiéger le cœur. Il m’est facile,O chanteur pur et doux, de savoir ton asile !— M’en préservent les dieux ! Hélas, j’aurais trop peurDe rencontrer un jour, brisée ou démunie,L’arche où tu dors en paix sur les tiens. — Tout bonheurRenferme en soi le deuil, toute joie est punie.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources