Pauca Paucis, 1894· Première série· Ultra Cognita
IV. La science
ES hommes m’ont frustré de la foi des aïeux.D Entre deux infinis, d’un néant qui m’accableÉpouvanté ; jouet d’un destin misérable,J’ai cherché le secours en vain auprès des dieux.
Ils sont morts : la Science a dessillé mes yeux.Remplace-les pour moi, déité secourable !Au naufragé qui sombre offre un solide câble.O toi qui perces tout, déchire-moi les cieux !
Dis où je dois aller, qui je suis, et d’où vins-je ?— L’âme n’est qu’un vain mot ; tu descends du grand singe.— Et le singe ? — Kronos, de progrès en progrès.
Le tira du reptile. — Après ? — Le vil mollusqueProduisit le reptile. — Après ? Remonte jusqueAu nucléus, départ de toute vie. — Après ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources