Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Vetera
I. Le prêtre
A Edmond Thiaudière.
MORTEL, pétri de maux, souviens-toi d’être juste !Quand le matin léger, sur les monts assoupis,Pose son pied d’argent,
Quand sous les cieux brûlants s’affaissent les épis,Et que l’oiseau se tait,
Lorsque fraîchit Zéphyre et qu’au sein des flots d’orS’engloutit Hélios,
Lorsque l’auguste nuit, sur Géa qui s’endort,Étend son bleu péplos,
Quand la divine sève épanouit ton seinEt que sourit Myrto,
Lorsque des chagrins noirs s’abat le lourd essaimEt que Myrto s’enfuit,
Quand la blanche vieillesse à tes membres faiblisA mis des ceps d’airain,
Alors que, sourdement, dans le gouffre d’oubli,Tu sens tomber tes jours,
Puisses-tu, quand la Mort pèsera sur tes yeux,Redire en ton cher cœur, t’abandonnant aux dieux :Si je ne le fus point, je voulus être juste ! »
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources