Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Vetera
II. Épigramme grecque
O DORICHA, fleur de l’Hadès, ton corps si tendre,Que Cypris même eût jalousé, n’est plus que cendre !Et la tunique diaphane, et ses tiédeursQui dans les airs semblaient répandre les ardeurs ;Et le flot d’or ambrosien des molles tresses,Où donc sont-ils ? Tes longs regards, lourds de caresses,Comme un poison s’insinuant jusques au cœur,Au fond des os ne verseront plus la langueur.Tes flancs polis ont échangé le lit superbePour l’humus noir et destructeur ; et la folle herbe,Fille des vents, souille et disjoint le blanc paros,Qu’à ta mémoire a ciselé Scopas d’Imbros !
Mais vainement à dévorer le Temps s’obstine,Sa dent ne peut rien sur tes vers, Sapho divine !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources