Pauca Paucis, 1894· Première série· Nugæ
VIII. Le stylite
SUR ton rustique fût, taillé de grossier gneiss,Siméon, sombre et dur pâtre de Cilicie,Tu te dresses plus grand que le grand roi Xerxès.
Pour ce vieux corps flétri que le jeûne émacie,Épuise les tourments propres aux chevalets,Fantastique martyr d’un dieu qui supplicie !
Le front baigné de feux, sous toi tu contemplaisL’ignoble tourbillon de la mêlée humaine,D’où montent les sueurs d’animaux vils et laids ;
Et, narguant le troupeau que la sottise mèneEt dont nous avons fait le Dieu contemporain,De ta corniche auguste, aérien domaine,
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources