Pauca Paucis, 1894· Première série· Parvuli
X. Les papillons bleus
CIEUX et mers, ou toi, Flore, avez-vous rien de purComme ces papillons flottant sur la prairie,Qui semblent découpés en un pan de l’azur ?— Je ne pouvais les voir sans une âme attendrie !
Sous leur aile impalpable un pointillis obscur,Sablé sur un fond gris de perle, se marieAux nielles d’or. — Trop faible en son essor peu sûr,Le léger sylphe au gré de Zéphyre varie.
Je les pris en horreur depuis que, certain jour,Je vis la troupe bleue, en danse et fol humour,Se goberger, gloutonne, en un banquet immonde.
Poètes, papillons aux divines couleurs,Puisant les sucs mielleux comme l’abeille blonde,Poètes !… il ne faut vous voir que sur les fleurs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources