Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Varia
IX. « O FOULE, je te hais, monstre à milliers de têtes »
O FOULE, je te hais, monstre à milliers de têtes !Lequel dépasse en toi du féroce ou du bête ?— Abdiquant ta raison, livrant ta volonté,A la voix du premier scélérat qui t’excite,Ton flot, comme un torrent grossi, se précipite.Tu n’as que le plus sot des instincts : imiter.L’homme isolé peut-être est quelque chose ; foule,Il ne vaut pas l’immonde ver que mon pied foule :Lui ne joint pas le crime à l’ignominieux !Entendez-vous rouler, rugir la noire houle !Mille benêts ne font qu’un seul fou furieux.― Défonce les tonneaux ! qu’avec le sang découleL’alcool ! Tue, idiot, singe obscène, et te soûle !Mais qu’on me dise où sont des hommes assemblésPour que je puisse fuir chez les loups affolés !
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources