Pauca Paucis, 1894· Première série· Varia
VI. (Page d’album)
A Mad. Isabelle C.
LORSQUE Sur l’océan désert et monotone,Deux navires se voient, jusqu’aux cieux monte un cri.Tout joyeux, l’on se hèle !… Et le cœur attendri,L’on vogue, séparés, au port que Dieu nous donne.
Quelquefois, sous l’un d’eux, l’abîme, en mugissant,S’entr’ouvre et se referme. — Ainsi de la rencontre :On se voit et l’on s’aime, et le flot, qui nous montreEn passant un ami, nous l’emporte en passant.
Mais que l’abîme s’ouvre ou que, longtemps encoreLe vaisseau flotte au vent du hasard imprévu,Qu’il me porte au couchant ou m’entraîne à l’aurore,J’aurais hélé le cœur un instant entrevu.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources