Pauca Paucis, 1894· Première série· Varia
V. Le lac
A Joseph Garin.
NOVEMBRE. Tout s’éteint. Le grand lac monotoneSe perd à l’horizon dans le brouillard. L’HiverDe sa robe d’or fauve a dépouillé l’Automne.
Du suaire des morts le soleil s’est couvert.— Vol de corbeaux. — La troupe et criarde et chagrineS’abat sur le sapin géant, seul resté vert.
Le cri fait un lugubre écho dans ma poitrine.Neige aux monts, neige aux cieux et neige dans le cœur ;L’âme porte le deuil de la clarté divine.
Mais, perçant le nuage opaque, un trait vainqueurSoudain glisse, et frémit sur la nappe engourdie :D’un sourire le ciel tempère sa rigueur.
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources