Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Nugæ
XI. Quatrième a Mirza
A vos dons gracieux, Mirza, si je ne faux,L’équitable Nature ajouta main défaut.Du moins, de quelque mal si vous sentez l’atteinte,Vous ne remplissez point l’univers de vos plaintes ;Et vous n’envoyez point, pour calmer vos terreurs,Quérir un médecin, blanc cravaté, qui tâteVotre pouls ; fait tirer la langue ; et doux, sans hâte,En des mots très savants, garantit (sauf erreur)Que ce n’est qu’un bobo dont toujours on réchappe.Vous n’ingurgitez point, sur la foi d’Esculape,Drogue, pilule, opiat, tisane, lavementOu purge. En votre coin tapie obstinément,Le menton appuyé, repoussant la caresse,Sous le mal envoyé des dieux qui vous oppresseCalme, vous attendez de guérir… ou mourir.— Chienne, vous enseignez aux hommes à souffrir !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources