Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Nugæ
I. Sur un éventail japonais
Tu t’éjouis, poète, au merveilleux travailDont l’artiste inconnu couvrit cet éventail.Tu contemples ces fleurs chatoyantes et raresOù ton œil tour à tour se repose ou s’égare.— Soit ! Mais combien cet art devient infime chose,Si, derrière l’émail des oiseaux et des roses,Tu vois soudain, furtifs, scintiller deux yeux noirs !
Tes mots sont beaux et doux comme ces fleurs, poète !Mais en vain ils chatoient ; ils n’ont pas le pouvoirDe résoudre mon âme en des langueurs secrètes.Pour qu’en mon sein ton vers pénètre comme un dard,Poète, sous les mots, fais briller le regard !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources