Pauca Paucis, 1894· Première série· Anthologica
XXXVIII. Sur une stèle funéraire
QUE t’importe mon nom, voyageur, que t’importeCe que le flot amène et que le flot remporte,Ou combien je vécus, car le long et le courtOnt cessé d’exister pour le sépulcre sourd.Mais écoute la voix montant du noir rivage :N’imite pas les vains Éphémères ; plus sage,Et comme eux ignorant ce que les justes dieuxNous tiennent réservé quand sont fermés nos yeux,Ne le recherche point, et pieux, te reposeEn cet humble penser : c’est que tout sous le ciel,Génie ou ver de terre, a sa fin et sa cause,Que la Justice existe, et qu’il est criminelDe ne point obéir à son ordre éternel.
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources