Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Chanson
Nous n’irons plus au Bois, les roses sont coupéesSur la pelouse rase à l’ombre du couventDont naguère nous fleurissions dans les cépéesNos fronts suaves, où soufflait le léger vent !
Nous n’irons plus au Bois, les roses sont coupées !Dans la ronde les morts se mêlent aux vivants ;Les enfants blondes qui jouaient à la poupéeNous quittèrent, hélas ! pour d’autres, en rêvant…
Nous n’irons plus au Bois cueillir les aubépines,Ni la mûre vineuse aux broussailles d’épinesQui faisaient le sang rire en perles sur nos doigts…
Seuls, nos chers souvenirs vont, sous la lune blonde,Renouer, elfes blancs, nos frémissantes rondes…Nous n’irons plus au Bois ! nous n’irons plus au Bois !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources