Le Portique, 1909· III L’art et la beauté
Dédicace
A Madame Segond-Weber.
Nos drames sont pareils aux fantômes d’HomèreA qui manquent la force et la chaleur du sang,Peuple obscur et mystérieux et frémissantQue fascine la flamme éclose en l’ombre amère.
Pour qu’ils puissent goûter une vie éphémère,Il leur faut affronter le cercle éblouissant.Le Théâtre est ce lieu magique où, se dressant,Ressuscite, tressaille et parle la Chimère !
Quand incarnerez-vous la Vierge d’autrefois,La sereine Prêtresse éprise des symbolesDont le Galiléen vint briser les idoles,
La douant, pour un soir, du geste et de la voix ?…Je vous offre, endormie en ces pages de livre,Madame, l’ombre en deuil qui sans vous ne peut vivre.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources