Le Portique, 1909· V L’homme et la douleur
Guérison
Comme le Hollandais habite un sol domptéDont sur l’océan même il conquit la frontière,Pays triste, deux fois chéri d’une âme altière,Chef-d’œuvre de sa force et de sa volonté,
Ta vie est un miracle, et tu t’es enfantéToi-même, par l’esprit ordonnant la matière,Refoulant pas à pas la horde tout entièreDes bacilles, et leur imposant la santé.
C’est qu’une Rédemptrice, un beau soir, t’est venue :J’étais là ; nous marchions au bord de la mer nue,Une femme passa, foulant le sable d’or,
Ceinte d’un nimbe obscur, ainsi qu’une Madone ;Tu connus le sanglot de l’être qui se donne,Et l’amour, dans ta chair, a fait céder la mort.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources