Le Portique, 1909· IV Les héros
Hugo
Ce fut l’ancêtre olympien, le père Hugo !Dès l’aube, il se versait un broc froid sur la tête,Et, dans sa chambre claire où soufflait la tempête,Chevauchant sa chimère en bon preux hidalgo,
Pendant cinq heures, d’un élan que rien n’arrête,Il écrivait debout, lançant son Quos EgoA l’Empire, exaltant la Bible ou Cérigo ,Le corps toujours d’aplomb, l’esprit toujours en fête…
A table, même entrain. Il disait : « La tortue,L’aigle et moi, nous digérons tout ; rien ne nous tue ! »Bel orgueil, qu’il justifiait par son repas.
Ensuite, il menuisait, charpentait avec rage,Ou s’allait promener dans l’île, sous l’orage,Et, si Gothon passait, ne la dédaignait pas.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources