Le Portique, 1909· IV Les héros
Balzac
Pauvre géant, frappé des dieux par félonie,Qui peinas enchaîné trente ans dans un caveau,Sans trêve l’un sur l’autre entassant tes travaux,Cyclope dont la lampe éclairait l’insomnie,
Tu vécus seulement des fêtes du génie,Indifférent à l’aube ainsi qu’au renouveau,Et tu disais : « Je sens que je deviens cerveau ! »A l’heure où commença ta superbe agonie…
Comme en sa pyramide un Pharaon d’Égypte,Tu dors le grand sommeil dans une auguste crypteQui des siècles futurs peut dédaigner l’affront,
Et celle qui t’aima de loin, ton Étrangère,Hante seule à jamais, telle une ombre légère,La nuit enfin sans rêve où repose ton front.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources