Le Portique, 1909· IV Les héros
Ibsen
Avec sa redingote, avec son haut de forme,Ses pieds feutrés, par crainte d’être refroidi,— Il avait habité longtemps dans le Midi, —On l’aurait pris pour un pasteur de la Réforme.
Il menait une vie exemplaire, uniforme.Chaque jour, il passait dans la rue à midi.Il était décoré, respectable, engourdi.Rien, chez ce vieux bourgeois, qui sortît de la norme.
Entrant à la taverne, il chaussait ses lunettes,Buvait sa bière, se plongeait dans les gazettes,Causant peu, sauf avec le bailli Petersen.
Timide, il n’était pas de ceux-là qu’on accoste.Tous les ans, en Octobre, il mettait à la posteUn manuscrit volumineux. C’était Ibsen !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources