Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Jeunes Filles
Jeunes Filles, ô vous toutes les Marguerites,O vous les Cendrillons, ô vous les Béatrix,Qui, dans vos frais réduits fleuris de clématites,Rêvez de beaux tournois dont vos cœurs sont le prix,
Jeunes filles dont le pur corsage palpite,Malgré votre front calme et vos gestes contrits,Mais dont l’âme, enfantine encore, est trop petitePour héberger l’amour, sa colère et ses cris,
Ah ! vous ne pouvez pas deviner, jeunes filles,De quel enfer impur les yeux des hommes brillent,Eux en qui le désir a sonné plus d’un glas,
Lorsque, parmi les grelots d’or des soirs de fête,Ils vous prennent la taille et vous grisent la têteD’un geste un peu plus tendre ou d’un mol dit trop bas…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources