Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Fiancées
Calmes, d’un peu d’orgueil à peine compassées,Parmi la fête des regards, à pas très lents,Sous le frisson de soie et d’or des voiles blancs,S’en vont ces déités d’un jour, les Fiancées.
Vers l’Église où, suave, en houles cadencées,Se déroule un triomphe d’orgues et d’encens,Elles vont, l’œil mi-clos sous les cils frémissants,Fronts sonores aussi de chantantes pensées.
Elles s’en vont, les Vierges blondes, cœurs ravis ;Leur pied indolemment foule sur le parvisLes myrtes nuptiaux en neigeuses jonchées,
Et ces Enfants d’hier encor ne savent pasQue ces débris de fleurs qui craquent sous leurs pasSont leurs illusions à tout jamais fauchées !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources