Le Portique, 1909· V L’homme et la douleur
La Greffe
On a greffé sur une guenon l’avarie,Poison de la débauche, invincible fléau.Un professeur de l’Institut, dans le préau,L’index levé, démontre aux gens sa théorie.
La bête, qu’une lèpre innommable carie,Regarde, de ses yeux embrumés d’un halo,Songeant peut-être aux bois profonds de BornéoOù naguère rôda son enfance fleurie…
Mère infirme du genre humain, l’homme et la femmeTorturent aujourd’hui ta chair, espèce infâmeQui conçut le tourment pour goûter le plaisir,
Afin qu’aux lits moelleux où se plaît son loisirTa sœur, la libertine et blonde pécheresse,Épuise sans péril le trésor des caresses…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources