Le Portique, 1909· V L’homme et la douleur
Phagocytose
A Metchnikoff
Dans la Nature, où les vieux Poètes, naguère,Chantaient la Gérés blonde au lait rajeunissant,Le Savant voit la nécropole où l’innocentSuccombe, la douleur partout, partout la guerre.
La vie, en nous et hors de nous, ne dure guère !La mort la guette en notre chair, en notre sang ;Notre esprit même, cet éclair éblouissant,Dépend de quoi ? du choc de microbes vulgaires…
Armé du microscope, au fond du crépuscule,Vous avez poursuivi ces luttes minuscules,Metchnikoff, où frémit l’antique jeu du sort ;
Et vous dites à l’Homme : « Éduque ces cohortes !« Si tu sais vaincre l’une, et fais l’autre assez forte,« Tu seras maître de la Vie et de la Mort. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources