Album de vers anciens, 1920
Un Feu distinct…
Un feu distinct m’habite,‖ et je vois froidementLa violente vie‖ illuminée entière…Je ne puis plus aimer‖ seulement qu’en dormantSes actes gracieux‖ mélangés de lumière.
Mes jours viennent la nuit‖ me rendre des regards,Après le premier temps‖ de sommeil malheureux ;Quand le malheur lui-même‖ est dans le noir éparsIls reviennent me vivre‖ et me donner des yeux.
Que si leur joie éclate,‖ un écho qui m’éveilleN’a rejeté qu’un mort‖ sur ma rive de chair,Et mon rire étranger‖ suspend à mon oreille,
Comme à la vide conque‖ un murmure de mer,Le doute — sur le bord‖ d’une extrême merveille,Si je suis, si je fus,‖ si je dors ou je veille ?
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd efe fgg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a froidement / dormant masculine, classiqueb entière / lumière féminine, classiquea regards / épars masculine, classiqueb malheureux / yeux masculine, classiquea m’éveille / oreille féminine, classiqueb chair / mer masculine, classiqueb merveille / veille féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Paul Valery, Paris, Éditions de la N.R.F., 1933· numérisation poesies.net· Sources