Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’exil
Au frère austral
Pour John MANSFIELD.
La terre entière nous‖ sépare, frère austral,toute la terre,‖ abîmes d'eaux, sables, rocherset cet immense‖ incendie noir du feu central.Ton firmament mûrit‖ des astres étrangers,tu bois le soleil de‖ mes nuits, mon crépusculeest ton aurore, et quand‖ je vais parmi les songes,toi, par les rues, l'âme au‖ travail, tu déambules.Le sel ne m'atteint par‖ des vagues où tu plonges.Des océans déserts,‖ sans ailes ni sillages,répondent seuls,‖ lugubres voix, à mon écoute.Le vent, vieux chemineau‖ de tous les paysages,le vent même, épuisé,‖ le vent se meurt en route.
Mais si quelque berger‖ de ta montagne chantesa peine bien-aimée‖ au retour du pacage,son chant pénétrera‖ dans mes veines dolentes,car son cœur et le mien‖ sont du même village.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 4[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a austral / central masculine, classiqueb rochers / étrangers masculine, classiquec crépuscule / déambules féminine, non classiqued songes / plonges féminine, classiquee sillages / paysages féminine, classiquef écoute / route féminine, classiquea chante / dolentes féminine, non classiqueb pacage / village féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 1.2
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources