Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’exil
L’évadée
Lassés, moins des labeurs,‖ que du poids de leur cœur,les hommes ont plongé‖ dans la mer sans rivage,et la terre, échappant‖ aux paumes des dormeurs,la terre s'enivra‖ d'une course sauvage.Où les mondes vont-ils‖ par la nuit sans cheminset quel destin les guide‖ ignoré de nos livres ?
Je me suis éveillé‖ de mes songes humainset reste seul, avec‖ cette angoisse de vivrequi fut celle d'Adam‖ chassé hors du Jardin,quand il ne reconnut‖ son monde familieret que les tigres blonds‖ dans les bois eurent faim.
Qui veille ? Le soldat,‖ au rempart oublié,ferma ses yeux pesants.‖ Je suis seul et l'abîmes'est ouvert devant moi.‖ Nul secours, vains appels.Je suis seul. Tout le poids‖ de l'infini m'opprimeà regarder la terre‖ aux hommes infidèle,la terre ivre parmi‖ le ciel incendié.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a cœur / dormeurs masculine, non classiqueb rivage / sauvage féminine, classiquec chemins / humains masculine, classiqued livres / vivre féminine, non classiquec Jardin / faim masculine, classiqued familier / oublié / incendié masculine, non classiqueb l'abîme / m'opprime féminine, classiquec appels / infidèle masculine, mixte
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 3.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources