Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de la guerre
La maison pillée,
A ma femme.
Pendule qui sonnais‖ dans ma maison lointaineles heures belles d'espérances,ta voix s'est tue, et le silenceentre les murs parle de haine.
L'essaim des pensées d'or‖ envolé loin des livres,il n'est plus sous mon toit‖ que poussière et débris.Le foyer que j'aimais,‖ des barbares l'ont pris,le foyer clair, ils l'ont‖ souillé de leurs mains ivres.
O choses qui m'étaient‖ plus douces qu'une chair,musique évanouie‖ des jours, calme des soirs,et toi, charme, présence‖ invisible et si chère,puisque la France meurt‖ et qu'il n'est plus d'espoir,meurent mes souvenirs‖ et meure ma prière !
Juin 1940.
Versification
- Forme
- Quatrains
- Rimes
- 2(abba) 1(ababa)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (10 de 12, 3 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 quintil
- Mots à la rime
- a lointaine / haine féminine, classiqueb d'espérances / silence féminine, non classiquea livres / ivres féminine, classiqueb débris / pris masculine, classiquea chair / chère / prière mixte, non classiqueb soirs / d'espoir masculine, mixte
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 3.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
13 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources