Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de la guerre
La ville incendiée
A Jacques GREBER.
La ville, si paisible,‖ a flambé comme une âme,la petite ville endormie.‖ De hautes flammesont tordu sous le ciel‖ l'immense cheveluredes désirs que celait‖ son immobilité.Elle est nue maintenant‖ et montre ses brûlures.
Ce qui fut joie, intimité,n'est plus qu'un amas monotonedont le vol des corbeaux s'étonne.
Tout gît. Seules, filles du feu,‖ les cheminées,comme des bras levés‖ qui réclament justice,parmi les éboulis,‖ la boue, les graminées,jaillissent. Les hommes sont vaincus, mais les chosescrient vers le ciel, de tout‖ l'éclat des cicatrices.
La ville, endormie dans sa vie,la ville aux roses d'incendie,la ville est morte et ne repose.
Juin 1940.
Versification
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (10 de 12, 6 de 8)· profil 8, 6÷6
- Mots à la rime
- a âme / flammes féminine, non classiqueb chevelure / brûlures féminine, non classiquec immobilité / intimité masculine, classiqueb monotone / s'étonne féminine, classiquea cheminées / graminées féminine, classiqueb justice / cicatrices féminine, classiquec choses / repose féminine, non classiquea vie / d'incendie féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 2.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources