Les moines, 1885
Croquis de cloître
Tout blancs et comme emplis‖ des tristesses passées,Que redisent leurs voix‖ dans un écho pleureur,Sous le recourbement‖ des voûtes surbaissées,Les corridors claustraux‖ allongent leur terreur.
Les murs sont recouverts‖ de triptyques funèbres,Où des crucifiements‖ pendent écartelés,Le jour frappant à cru‖ les divines vertèbresEt dorant de soleil‖ les clous vermiculés.
Et de large et de long‖ des couloirs clairs et sombres,Tantôt dans la lumière‖ et tantôt dans les ombres,Avec un bruit frôlant‖ de coules et de pas,
Des moines recueillis‖ vont, se croisent, s’effacent…Et tous prient Dieu les uns‖ pour les autres et passentEt tous s’aiment en lui,‖ ne se connaissant pas.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a passées / surbaissées féminine, classiqueb pleureur / terreur masculine, classiquea funèbres / vertèbres féminine, classiqueb écartelés / vermiculés masculine, classiquea sombres / ombres féminine, classiqueb pas masculine, classiquea s’effacent / passent féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Paris, Société du Mercure de France, 1895· numérisation wikisource.org· Sources