Les soirs, 1887· Les soirs· I Décors liminaires
Fleur fatale
L’absurdité grandit‖ comme une fleur fataleDans le terreau des sens,‖ des cœurs et des cerveaux.Plus rien, ni des héros,‖ ni des sauveurs nouveaux ;Et nous restons croupir‖ dans la raison natale.
Je veux marcher vers la‖ folie et ses soleils,Ses blancs soleils de lune‖ au grand midi, bizarres,Et ses lointains échos‖ mordus de tintamarresEt d’aboiements, là-bas,‖ et pleins de chiens vermeils.
Lacs de roses, ici,‖ dans la neige, nuageOù nichent des oiseaux‖ dans des plumes de vent ;Grottes de soir, avec‖ un crapaud d’or devant,Et qui ne bouge et mange‖ un coin de paysage.
Becs de hérons,‖ énormément ouverts pour rien,Mouche, dans un rayon,‖ qui s’agite, immobile :L’inconscience gaie‖ et le tic-tac débileDe la tranquille mort‖ des fous, je l’entends bien !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a fatale / natale féminine, classiqueb cerveaux / nouveaux masculine, classiquea soleils / vermeils masculine, classiqueb bizarres / tintamarres féminine, classiquea nuage / paysage féminine, classiqueb vent / devant masculine, classiquea rien / bien masculine, classiqueb immobile / débile féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources