Les soirs, 1887· Les flambeaux noirs 1890· III Projection extérieure
La révolte
Vers une ville au loin‖ d’émeute et de tocsin,Où luit le couteau nu‖ des guillotines,En tout à coup de fou‖ désir, s’en va mon cœur.
Les sourds tambours de tant de joursDe rage tue et de tempête.Battent la charge dans les têtes.
Le cadran vieux d’un beffroi noirDarde son disque au fond du soir,Contre un ciel d’étoiles rouges.
Des glas de pas sont entendusEt de grands feux de toits tordusÉchevèlent les capitales.
Ceux qui ne peuvent plus avoirD’espoir que dans leur désespoirSont descendus de leur silence.
Dites, quoi donc s’entend venirSur les chemins de l’avenir.De si tranquillement terrible ?
La haine du monde est dans l’airEt des poings pour saisir l’éclairSont tendus vers les nuées.
C’est l’heure où les hallucinésLes gueux et les déracinésDressent leur orgueil dans la vie.
C’est l’heure — et c’est là-bas‖ que sonne le tocsin ;Des crosses de fusils‖ battent ma porte ;Tuer, être tué ! — qu’importe !
Versification
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (20 de 8, 3 de 12, 2 de 7, 2 de 10)· profil 7, 8, 6+4, 6+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
27 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources