Les soirs, 1887· Les débâcles 1888· II Déformation morale
La tête
Sur un échafaud noir,‖ tu porteras ta têteEt sonneront les tours‖ et luiront les couteauxEt tes muscles crîront‖ et ce sera la fête,La fête et la splendeur‖ du sang et des métaux.
Et les pourpres soleils‖ et les soirs sulfuriques,Les soirs et les soleils,‖ escarbouclés de feux,Verront le châtiment‖ de tes crimes lyriquesEt s’ils savent mourir‖ ton front et tes grands yeux.
La foule, en qui le mal‖ grandiose serpente,Taira son océan‖ autour de ton orgueil,La foule ! — et te sera‖ comme une mère ardente,Qui, rouge et froid,‖ te bercera dans ton cercueil.
Et vicieuse, ainsi‖ qu’une floraison noire,Où mûrissent de beaux‖ poisons, couleur d’éclair,Et despotique et fière,‖ et grande, ta mémoire,Et fixe et roide, ainsi‖ qu’un poignard dans la chair.
Sur un échafaud noir,‖ tu porteras la têteEt sonneront les tours‖ et luiront les couteauxEt tes muscles crîront‖ et ce sera la fête,La fête et la splendeur‖ du sang et des métaux.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a tête / fête féminine, classiqueb couteaux / métaux masculine, classiquea sulfuriques / lyriques féminine, classiqueb feux / yeux masculine, classiquea serpente / ardente féminine, classiqueb orgueil / cercueil masculine, classiquea noire / mémoire féminine, classiqueb d’éclair / chair masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources