Les soirs, 1887· Les débâcles 1888· II Déformation morale
Pieusement
La nuit d’hiver élève‖ au ciel son pur calice.
Et je lève mon cœur‖ aussi, mon cœur nocturne,Seigneur, mon cœur ! vers ton pâle infini vide,Et néanmoins je sais‖ que tout est taciturneEt qu’il n’existe rien‖ dont ce cœur meurt, avide ;Et je te sais mensonge‖ et mes lèvres te prient
Et mes genoux ; je sais‖ et tes grandes mains closesEt tes grands yeux fermés‖ aux désespoirs qui crient,Et que c’est moi, qui seul,‖ me rêve dans les choses ;Sois de pitié, Seigneur,‖ pour ma toute démence,J’ai besoin de pleurer‖ mon mal vers ton silence !…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abab] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins surtout (11 de 12, 1 de 11)· profil 11i, 6+6
- Mots à la rime
- a nocturne / taciturne féminine, classiqueb vide / avide féminine, classiquec prient / crient féminine, classiquea closes / choses féminine, classiquec démence / silence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources