Les soirs, 1887· Les soirs· I Décors liminaires
Sous les porches
L’ombre s’affermissait‖ sur les plaines captives,Et, de ses murs, barrait‖ les horizons d’hiver,Comme en un tombeau noir,‖ de vieux astres de ferBrûlaient, trouant le ciel‖ de leurs flammes votives.
On se sentait serré‖ dans un monde d’airain,Où quelque part, au-loin,‖ se dresseraient des pierresEffrayantes et qui seraient les idoles guerrièresD’un peuple encor enfant,‖ terrible et souterrain.
Un air glacé mordait‖ les tours et les demeures,Et le silence entier‖ serrait comme un effroi,Et nul cri voyageur,‖ au loin. Seul un beffroi,Immensément vêtu‖ de nuit, cassait les heures.
On entendait les lourds‖ et tragiques marteauxHeurter, comme des blocs,‖ les bourdons taciturnes ;Et les coups s’abattaient,‖ les douze coups nocturnes,Avec l’éternité, sur les cerveaux.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins surtout (14 de 12, 1 de 10, 1 de 14)· profil 10, 6+6, 14i
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a captives / votives féminine, classiqueb d’hiver / fer masculine, classiquea d’airain / souterrain masculine, classiqueb pierres / guerrières féminine, classiquea demeures / heures féminine, classiqueb effroi / beffroi masculine, classiquea marteaux / cerveaux masculine, classiqueb taciturnes / nocturnes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources