Bonheur, 1891
X. « Le « sort » fantasque qui me gâte à sa manière »
Écrit en 1883.
Le « sort » fantasque qui‖ me gâte à sa manièreM'a logé cette fois,‖ peut-être la dernièreEt la dernière c'est‖ la bonne — à l'hôpital !De mon rêve à ceci‖ le réveil est brutalMais explicable par‖ le fait d'une voleuse,(Dont l'histoire posthume‖ est, dit-on, graveleuse)Du fait d'un rhumatisme‖ aussi, moindre détail ;Puis d'un gîte où l'on est‖ qu'importe le portail ?J'y suis, j'y vis. « Non, j'y‖ végète », on rectifie ;On se trompe. J'y vis‖ dans le strict de la vie,Le pain qu'il faut, pas trop‖ de vin, et mieux couché !Évidemment j'expie‖ un très ancien péché(Très ancien ?) dont mon sang‖ a des fois la secousse,Et la pénitence est‖ relativement douceDans le martyrologe‖ et sur l'armorialDes poètes, peut-être‖ un peu proverbial.C'est un lieu comme un autre,‖ on en prend l'habitude :A prison bonne enfant‖ longanime Lalude.Sans compter qu'au rimeur,‖ pour en parler, alors !Pauvre et fier, il ne reste‖ qu'à mourir dehorsOu tout comme, en ces temps‖ vraiment trop peu propices,Et mourir pour mourir,‖ Muse qui me respices,Autant le faire ici‖ qu'ailleurs, et même mieux,Sinon qu'ici l'on est‖ tout « laïque », les vieuxAbus sont réformés‖ et le « citoyen », libre !Et fort ! doit, ou l'État‖ perdrait son équilibre,Avec çà qu'il n'est pas‖ à cheval sur un pal ! —Mourir dans les bras du‖ Conseil Municipal,Mal rassurante et pas‖ assez édifianteConclusion pour tel,‖ qu'un voeu mystique hante,Moi par exemple, j'en‖ forme l'aveu sans fard,Me dût-on traiter d'âne‖ ou d'impudent cafard.La conversation,‖ dans ce modeste asile,Ne m'est pas autrement‖ pénible et difficile !Ces braves gens, que le‖ journal rend un peu sots,Du moins ont conservé,‖ malgré tous les assautsQue « l'Instruction » livre‖ à leur tête obsédée,Quelque saveur encor‖ de parole et d'idée ;La Révolution,‖ qu'il faut toujours citerEt condamner, n'a pu‖ complètement gâterLeur trivialité‖ non sans grâce et sincèreMême je les préfère‖ aux mufles de ma sphèreCertes ! et je subis‖ leur choc sans trop d'émoi.Leur vice et leur vertu‖ sont juste à point pour moiLes goûter et me plaire‖ en ces lieux salutairesA (comme moi‖) des espèces de solitaires,Espèce de couvent‖ moins cet espoir chrétien !Le monde est tel qu'ici‖ je n'ai besoin de rienEt que j'y resterais,‖ ma foi, toute ma vie,Sans grands jaloux, j'espère,‖ et pour sûr, sans envie !Si, dès guéri, si je‖ guéris, car tout se peut,Je n'avais quelque chose‖ à faire, que Dieu veut.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 26((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a manière / dernière féminine, classiqueb l'hôpital / brutal masculine, classiquec voleuse / graveleuse féminine, classiqued détail / portail masculine, classiquee rectifie / vie féminine, classiquef couché / péché masculine, classiqueg secousse / douce féminine, classiqueh l'armorial / proverbial masculine, classiquei l'habitude / Lalude féminine, classiquej alors / dehors masculine, classiquek propices / respices féminine, classiquel mieux / vieux masculine, classiquem libre / équilibre féminine, classiquen pal / Municipal masculine, classiqueo édifiante / hante féminine, classiquep fard / cafard masculine, classiqueq asile / difficile féminine, classiquer sots / assauts masculine, classiques obsédée / d'idée féminine, classiquet citer / gâter masculine, classiqueu sincère / sphère féminine, classiquev d'émoi / moi masculine, classiquew salutaires / solitaires féminine, classiquex chrétien / rien masculine, classiquey vie / envie féminine, classiquez peut / veut masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
52 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies religieuses, Paris, LIBRAIRIE LÉON VANIER, ÉDITEUR, A. MESSEIN Succr., 1904· numérisation gallica.bnf.fr· Sources