Chair, 1896
La bonne crainte
LE diable de PapefiguièreEut tort, d’accord, d’être effrayéDe quoi, bons Dieu !
Mais que veut-on que je requièreA son encontre, moi qui aiPeur encor mieux ?
Eh quoi, cette grâce infinieDélice, délire, harmonieDe cette chair,
O femme, ô femmes, qu’est la vôtreDont le mol péché qui s’y vautreM’est si cher
Aboutissant, c’est vrai, par quellesOmbreuses gentiment venellesOu richement,
Légère toison qui ondoie,Toute de jour, toute de joieInnocemment,
Or frisotté comme eau qui vireOù du soleil tiède se mireEt qui sent fin,
Lourds copeaux si minces ! d’ébèneTordus, sans nombre, sous l’haleineD’étés sans fin
Aboutissant à cet abîmeDouloureux et gai, vil, sublime,Mais effrayant
On dirait de sauvagerie,De structure mal équarrie,Clos et béants.
Oh ! oui, j’ai peur, non pas de l’antreNi de la façon qu’on y entreNi de l’entour,
Mais, dès l’entrée effectuéeDans l’âpre caverne d’amour,Qu’habituée
Pourtant à l’horreur fraîche et chaude,Ma tête en larmes et en feu,Jamais en fraude,
Versification
- Forme
- Terza rima classique (terza rima)
- Rimes
- 13(aba) b
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (27 de 8, 12 de 4, 1 de 3)· profil 4, 8
- Mots à la rime
- a Papefiguière / requière féminine, classiqueb effrayé / ai masculine, classiquec Dieu / mieux masculine, classiquea infinie / harmonie féminine, équivalenteb chair / cher masculine, non classiquea vôtre / vautre féminine, classiquea quelles / venelles féminine, classiqueb richement / Innocemment masculine, classiquea ondoie / joie féminine, classiquea vire / mire féminine, classiqueb fin masculine, classiquea d’ébène / l’haleine féminine, classiquea abîme / sublime féminine, classiqueb effrayant / béants masculine, classiquea sauvagerie / équarrie féminine, classiquea l’antre / entre féminine, non classiqueb l’entour / d’amour masculine, classiquea effectuée / Qu’habituée féminine, classiquea chaude / fraude féminine, classiqueb feu / lieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
40 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources