Dans les limbes, 1894
XI. « Oh ! tu n’es pas une savante »
Oh ! tu n’es pas une savanteEt je t’en félicite fort,Et je t’en loue et je t’en vante,Et qui me censure il a tort,
Car ta finesse toute nueSans vains mots et sans gestes faux,Car ta ruse mieux qu’ingénue,Car ta rouerie aux plans nouveaux,
Car jusqu’à ta « méchanceté »,Comme ces bons pantes-là disent,Nous défendent de leur bêtise…Ta méchanceté ? ta bonté !
Car ces vertus d’entre les tiennes,Me vont mieux, te vont mieux aussi,Bien qu’on n’en chante pas l’antienne,Que d’autres fleurant de moisi.
Ils disent encore, les gens,Que tu n’es pas intelligente,Eux, ce qu’ils sont intelligents,C’en est une chose touchante.
Il parait que tu ne comprendsPas les vers que je te soupire,Soit ! et cette fois je me rends !Tu les inspires, c’est bien pire.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab) 1(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a savante / vante féminine, classiqueb fort / tort masculine, classiquea nue / qu’ingénue féminine, classiqueb faux / nouveaux masculine, classiquea méchanceté / bonté masculine, classiqueb disent / bêtise féminine, non classiquea tiennes / l’antienne féminine, non classiqueb aussi / moisi masculine, classiquea gens / intelligents masculine, classiqueb intelligente / touchante féminine, classiquea comprends / rends masculine, classiqueb soupire / pire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources