Dédicaces, 1890
LXXXII. A M. le docteur Chauffart
LE poète n’est parbleu pas‖ ce que l’on croit.Il n’a que quand il veut‖ toutes les ignorancesSans trop d’âpre verdeur‖ ou de préjugés rancesEt parfois même il sent‖ profond et pense droit.
Son regard va, cruel‖ et précis comme un doigtEt sa tête, qui sait‖ mûrir les apparences,Taisant soudain ses bruits‖ de peurs et d’espérances,Voit terriblement clair‖ à ce qu’autrui lui doit.
Non son cœur, proie‖ intarissable à l’infortune,Mais sa tête, après tout‖ auguste, et cætera,Et dès lors pour beaucoup‖ s’amasse une rancune
Qui saura s’assouvir,‖ advienne que pourra.Mais, ô fraîcheur !‖ pour quelques-uns elle recenseEt réserve, à tout prix !‖ quelle reconnaissance !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc dee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a croit / droit masculine, classiqueb ignorances / rances féminine, classiquea doigt / doit masculine, classiqueb apparences / d’espérances féminine, classiquea l’infortune / rancune féminine, classiqueb cætera / pourra masculine, classiqueb recense / reconnaissance féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources