Le livre posthume, 1894
Fragments
V
Et voici l'instant où tu meurs,Nuit suprême en ma nuit extrême,Deuil de deuils, malheur de malheurs,Il me semble mourir‖ encor moi-même.
Eh quoi ! l'expansion immenseDe cette immense intensité,Cette santé, cette gaîté,Tout ce triomphe‖ enseveli, démence !
Mais ! le néant c'est bon pour moi,Pour cet être absurde et fragile,C'est ce qu'il faut, mais quand à toi…Nous ne sommes pas de la même argile.
Moi je suis la destructionDans le silence et les ténèbres,Toi, monte avec l'assomptionDes femmes que‖ l'amour rendit célèbres.
Car dans l'ombre où l'on s'en ira,Ta figure entre toutes cellesDes belles que l'on adoraPasse les amantes et les pucelles.
Et, dernier don à ton féal,Ma tombe sera renomméeDe ce chef divin et royal,La gloire de t'avoir‖ surtout aimée.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab) 1(abba)
- Mètre
- Octosyllabes et décasyllabes (18 de 8, 6 de 10)· profil 8, 4÷6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a meurs / malheurs masculine, classiqueb extrême / moi-même féminine, classiquea immense / démence féminine, classiqueb intensité / gaîté masculine, classiquea moi / toi masculine, classiqueb fragile / argile féminine, classiquea destruction / l'assomption masculine, classiqueb ténèbres / célèbres féminine, classiquea ira / adora masculine, classiqueb celles / pucelles féminine, classiquea féal / royal masculine, classiqueb renommée / aimée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres posthumes, Paris, ALBERT MESSEIN, ÉDITEUR, 1911· numérisation artyuiop.fr· Sources