Odes en son honneur, 1893
XIII. « Nos repas sont charmants encore que modestes »
Nos repas sont charmants‖ encore que modestes,Grâce à ton art profond‖ d’accommoder les restesDu rôti d’hier ou de‖ ce récent pot-au-feuEn hachis et ragoûts‖ comme on n’en trouve pas chez Dieu.
Le vin n’a pas ce nom,‖ car à quoi sert la gloire ?Et puisqu’il est tiré,‖ ne faut-il pas le boire ?Pour le pain, comme on n’en‖ a pas toujours mangé,Qu’il nous semble excellent‖ me semble un fait archijugé.
Le légume est‖ pour presque rien, et le fromage :Nous en usons en rois‖ dont ce serait l’usage.Quant aux fruits, leur primeur‖ ça nous est bien égal,Pourvu qu’il y en ait‖ dans ce festin vraiment frugal.
Mais le triomphe, au moins‖ pour moi, c’est la salade :Comme elle en prend !‖ sans jamais se sentir malade,Plus forte en cela que‖ défunt Tragaldabas.Et j’en bâfre de cœur‖ tant elle est belle en ces ébats,
Et le café, qui pour‖ ma part fort m’indiffère,Ce qu’elle l’aime, mes‖ bons amis, quelle affaire !Je m’en amuse et j’en‖ jouis pour elle, vrai !Et puis je sais si bien‖ que la nuit j’en profiterai,
Je sais si bien que le‖ sommeil fuira sa lèvreEt ses yeux allumés encor d’un brin de fièvrePar la goutte de rhum‖ bue en trinquant gaîmentAvec moi, présage gentil‖ d’un choc bien plus charmant.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(aabb)
- Mètre
- Vers de 12 et 14 syllabes (18 de 12, 6 de 14)· profil 6=6, 6=8
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a modestes / restes féminine, classiqueb pot-au-feu / Dieu masculine, classiquea gloire / boire féminine, classiqueb mangé / archijugé masculine, classiquea fromage / l’usage féminine, classiqueb égal / frugal masculine, classiquea salade / malade féminine, classiqueb Tragaldabas / ébats masculine, classiquea m’indiffère / affaire féminine, classiqueb vrai / profiterai masculine, classiquea lèvre / fièvre féminine, classiqueb gaîment / charmant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1905· numérisation scribd.com· Sources