Parallèlement, 1889
Poème saturnin
CE fut bizarre‖ et Satan dut rire.Ce jour d’été‖ m’avait tout soûlé.Quelle chanteuse‖ impossible à direEt tout ce qu’elle‖ a débagoulé !
Ce piano‖ dans trop de fuméeSous des suspensions à pétrole !Je crois, j’avais‖ la bile enflammée,J’entendais de‖ travers ma parole.
Je crois, mes sens‖ étaient à l’envers,Ma bile avait‖ des bouillons fantasques.O les refrains‖ de cafés-concerts.Faussés par le plus‖ plâtré des masques !
Dans des troquets‖ comme en ces bourgades,J’avais rôdé,‖ suçant peu de glace.Trois galopins‖ aux yeux de tribadesDévisageaient‖ sans fin ma grimace.
Je fus hué‖ manifestementPar ces voyous,‖ non loin de la gare,Et les engueulai‖ si goulûmentQue j’en faillis‖ gober mon cigare.
Je rentre : une voix‖ à mon oreille,Un pas fantôme.‖ Aucun ou personne ?On m’a frôlé.‖ – La nuit sans pareille !Ah ! l’heure d’un‖ réveil drôle sonne.
Attigny (Ardennes), 31 mai – 1er juillet 1885.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Ennéasyllabes· profil 4÷5
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a rire / dire féminine, classiqueb soûlé / débagoulé masculine, classiquea fumée / enflammée féminine, classiqueb pétrole / parole féminine, classiquea l’envers / cafés-concerts masculine, classiqueb fantasques / masques féminine, classiquea bourgades / tribades féminine, classiqueb glace / grimace féminine, classiquea manifestement / goulûment masculine, classiqueb gare / cigare féminine, classiquea oreille / pareille féminine, classiqueb personne / sonne féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1900· numérisation scribd.com· Sources