Poèmes divers, 1895
Impression de printemps
Il est des jours —‖ avez-vous remarqué ? —Où l'on se sent‖ plus léger qu'un oiseau,Plus jeune qu'un‖ enfant, et, vrai ! plus gaiQue la même gaieté‖ d'un damoiseau.
L'on se souvient‖ sans bien se rappeler…Évidemment‖ l'on rêve, et non, pourtant.L'on semble nager‖ et l'on croirait voler,L'on aime ardemment‖ sans amour, cependant
Tant est léger‖ le cœur sous le ciel clairEt tant l'on va,‖ sûr de soi, plein de foiDans les autres, que l'on‖ trompe avec l'airD'être plutôt‖ trompé gentiment, soi.
La vie est bonne‖ et l'on voudrait mourir,Bien que n'ayant‖ pas peur du lendemain,Un désir indécis‖ s'en vient fleurir,Dirait-on, au cœur plus‖ et moins qu'humain.
Hélas ! faut-il‖ que meure ce bonheur ?Meurent plutôt‖ la vie et son tourment !Ô dieux cléments,‖ gardez-moi du malheurD'à jamais perdre‖ un moment si charmant.
Ier mai 1893.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Décasyllabes et hendécasyllabes (18 de 10, 2 de 11)· profil 4=6, 5+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a remarqué / gai masculine, classiqueb oiseau / damoiseau masculine, équivalentea rappeler / voler masculine, classiqueb pourtant / cependant masculine, classiquea clair / l'air masculine, classiqueb foi / soi masculine, classiquea mourir / fleurir masculine, classiqueb lendemain / qu'humain masculine, classiquea bonheur / malheur masculine, classiqueb tourment / charmant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962· Sources