Poèmes divers, 1895
Voyages
Je voyageai‖ dernièrement hors de Paris.Où ça ? Bien loin, hélas,‖ du marbre et des lambrisPompeux, où j’ai depuis longtemps l’honneur de vivreMal et peu. —J’y grisai mes yeux du plus fin cuivreEt de plus rare argent‖ des Pays-Bas. De l'orDe France, non ! Car la‖ France est un fier trésorDe travail et, disons‖-le, de patriotisme,D'or aussi, mais saint ; l'or‖ de mon pays, — cet isthmeVers l'Alsace et vers la‖ Lorraine, ô natal Metz —N’est pas pour mes besoins.Donc, par monts tant famés,Par vaux si renommés,‖ par campagnes trop bellesQue l'amour du pays‖ a faites immortelles,Je rôdais, aimant, presque‖ autant que mon pays,Ces amis de là-bas,‖ point de chez vous, faillisÀ l'honneur militaire‖ en dépit de vos forces,Arbres réduits à rien‖ en dépit des écorcesDiverses que donc le‖ printemps vous flanque au dos,— Printemps, faiseur de guerre‖ et leveur de rideaux !— Mais, j'oubliais, je ne‖ parle que de voyagesArtistiques — et ceci n'est‖ guère que gagesD'union fraternelle‖ avec tous les pays.Donc vivent Belgique et‖ Hollande et que haïsSoient tous les ennemis‖ de la sainte AllianceDont nous serions si bien,‖ 1'Allemagne, et la France.
Ier mai 1893.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962· Sources