Poèmes saturniens, 1866
Nevermore
Allons, mon pauvre cœur,‖ allons, mon vieux complice,Redresse et peins à neuf‖ tous tes arcs triomphaux ;Brûle un encens ranci‖ sur tes autels d'or faux ;Sème de fleurs les bords‖ béants du précipice ;Allons, mon pauvre cœur,‖ allons, mon vieux complice !
Pousse à Dieu ton cantique,‖ ô chantre rajeuni ;Entonne, orgue enroué,‖ des Te Deum splendides ;Vieillard prématuré,‖ mets du fard sur tes rides ;Couvre-toi de tapis‖ mordorés, mur jauni ;Pousse à Dieu ton cantique,‖ ô chantre rajeuni.
Sonnez, grelots ; sonnez,‖ clochettes ; sonnez, cloches !Car mon rêve impossible‖ a pris corps, et je l'aiEntre mes bras pressé :‖ le Bonheur, cet ailéVoyageur qui de l'Homme‖ évite les approches,– Sonnez, grelots ; sonnez,‖ clochettes ; sonnez, cloches !
Le Bonheur a marché‖ côte à côte avec moi.Mais la Fatalité‖ ne connaît point de trêve :Le ver est dans le fruit,‖ le réveil dans le rêve,Et le remords est dans‖ l'amour : telle est la loi.– Le Bonheur a marché‖ côte à côte avec moi.
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(abbaa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a complice / précipice féminine, classiqueb triomphaux / faux masculine, classiquea rajeuni / jauni masculine, classiqueb splendides / rides féminine, classiquea cloches / approches féminine, classiqueb l'ai / ailé masculine, équivalentea moi / loi masculine, classiqueb trêve / rêve féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation wikisource.org· Sources