Poèmes saturniens, 1866
Un Dahlia
Courtisane au sein dur,‖ à l’œil opaque et brunS’ouvrant avec lenteur‖ comme celui d’un bœuf,Ton grand torse reluit‖ ainsi qu’un marbre neuf.
Fleur grasse et riche, autour‖ de toi ne flotte aucunArome, et la beauté‖ sereine de ton corpsDéroule, mate, ses‖ impeccables accords.
Tu ne sens même pas‖ la chair, ce goût qu’au moinsExhalent celles-là‖ qui vont fanant les foins,Et tu trônes, Idole‖ insensible à l’encens.
— Ainsi le Dahlia,‖ roi vêtu de splendeur,Élève sans orgueil‖ sa tête sans odeur,Irritant au milieu‖ des jasmins agaçants !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abba] 2[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 2 quatrains, 2 distiques
- Mots à la rime
- a brun / aucun masculine, classiqueb bœuf / neuf masculine, classiqueb corps / accords masculine, classiquea moins / foins masculine, classiqueb l’encens / agaçants masculine, classiquea splendeur / odeur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation wikisource.org· Sources